Chauffer un van aménagé : diesel, gaz ou électrique
Chauffer un van au diesel, au gaz ou à l'électricité : la consommation réelle, la batterie, le poids, la place, l'isolation, et la sécurité face au monoxyde.
Tu rêves de nuits d'hiver au chaud, les vitres embuées et la tasse fumante, et tous les comparatifs te parlent de kilowatts. Rassure-toi : ce n'est presque jamais le chiffre qui tranche. Les appareils du catalogue chauffent tous entre 1,5 et 3,7 kW au maximum, et ceux qui publient leur puissance minimale descendent entre 0,8 et 1,3 kW. Ce qui les sépare vraiment, et ce qui fera tes nuits à bord :
- ce qu'ils brûlent ;
- ce qu'ils prennent à ta batterie ;
- ce qu'ils pèsent, et la place qu'ils demandent ;
- la façon dont ils évacuent leurs fumées.
Les voici comparés sur ces points, avec les chiffres publiés par leurs fabricants. Et on finira par le seul sujet qui ne se négocie pas : le monoxyde de carbone.
Trois familles, trois énergies
Le chauffage diesel à air brûle du gazole dans une chambre de combustion fermée. Il prend son air de combustion sous ton van et y rejette ses fumées, pendant qu'un ventilateur souffle dans la cellule l'air qu'il a réchauffé. Tant qu'il tourne, il tire du courant sur ta batterie.
Le chauffage au gaz brûle le propane ou le butane de ta bouteille sur le même principe : combustion fermée, air pris dehors, fumées rejetées dehors par une cheminée, et un ventilateur qui souffle l'air chaud. Lui aussi tire du courant.
Le chauffage électrique ne brûle rien. Il ne rejette aucune fumée, mais il ne marche que branché au 230 V d'un camping.
Voici ce que publient les fabricants des appareils du catalogue :
| Appareil | Énergie | Puissance de chauffe | Combustible à pleine puissance | Électricité en marche | Poids de l'appareil |
|---|---|---|---|---|---|
| Autoterm Air 2D | gazole | 0,8 à 2 kW | 0,24 L/h | 10 à 29 W | 2,9 kg |
| Webasto Air Top 2000 STC | gazole | 0,9 à 2 kW | non publiée | 13 à 30 W | 2,6 kg |
| Eberspacher Airtronic S2 D2L | gazole | 0,9 à 2,2 kW | 0,28 L/h | 34 W | 2,7 kg |
| Truma VarioHeat eco | gaz | 1,3 ou 2,8 kW | 220 g/h | 0,65 à 2,75 A | 5,5 kg |
| Truma VarioHeat comfort | gaz | 1,3, 2,8 ou 3,7 kW | 290 g/h | 0,65 à 5,4 A | 5,5 kg |
| Propex HS2000 | gaz | 1,9 kW | 142 g/h en moyenne | 1,4 A | non publié |
| Truma Aventa compact plus | 230 V | 1,5 kW | aucun | 230 V seulement | 24,2 kg |
Pour lire la colonne électricité : sous 12 V, un ampère vaut 12 watts. Les 5,4 A du VarioHeat comfort à pleine puissance font donc 65 W.
Ces poids sont ceux de l'appareil seul. Gaines, réservoir, pompe et échappement viennent en plus : Autoterm, seul des trois fabricants de chauffage diesel à publier son kit complet, l'annonce à 6,4 kg, soit 3,5 kg de plus que l'appareil. Ton bilan de masse pèse l'appareil seul : garde ces kilos en tête.
Ce que coûte une journée de chauffage
Pour ta bouteille comme pour ta batterie, ce qui compte n'est pas la puissance : c'est le nombre d'heures où ton chauffage tourne. L'éditeur part de quatre heures par jour, une mi-saison, et tu règles cette durée sur chaque modèle. Voici ce que coûte une journée à quatre heures, et une journée à douze, aux valeurs de pleine puissance, celles que retient ton bilan :
| Appareil | 4 h par jour | 12 h par jour |
|---|---|---|
| Autoterm Air 2D | 1 L de gazole, 116 Wh | 2,9 L, 348 Wh |
| Webasto Air Top 2000 STC | gazole non publié, 120 Wh | 360 Wh |
| Eberspacher Airtronic S2 D2L | 1,1 L de gazole, 136 Wh | 3,4 L, 408 Wh |
| Truma VarioHeat eco | 880 g de gaz, 132 Wh | 2,6 kg, 396 Wh |
| Truma VarioHeat comfort | 1,2 kg de gaz, 259 Wh | 3,5 kg, 778 Wh |
| Propex HS2000 | 570 g de gaz, 67 Wh | 1,7 kg, 202 Wh |
Lis le Propex à part : son fabricant publie une consommation moyenne de gaz, pas celle de la pleine puissance. Pour le reste, trois choses ressortent de ce tableau, et elles comptent pour ton plan.
Le chauffage au gaz tire aussi sur ta batterie. Son ventilateur tourne pendant toutes les heures de chauffe. À pleine puissance, le VarioHeat comfort prend deux fois plus d'électricité qu'un chauffage diesel ; à son palier bas, il descend à 0,65 A. Ne compte donc pas un chauffage au gaz pour zéro wattheure, et choisis ton vrai modèle dans l'éditeur pour que son ventilateur entre dans ton bilan.

Une bouteille de 11 kg ne passe pas l'hiver. À douze heures par jour et pleine puissance, le VarioHeat comfort la vide en un peu plus de trois jours, chauffage seul. Même à son palier bas de 100 g/h, elle tient neuf jours. Le gazole, lui, se trouve à chaque station, et un chauffage diesel en brûle environ un litre pour quatre heures à pleine puissance.
L'hiver cumule les deux. Ton toit produit moins d'électricité au moment où ton chauffage tourne le plus. Un diesel qui souffle douze heures prend de 350 à 410 Wh par jour, plus de quatre fois ce que ton bilan compte pour l'éclairage et les téléphones (81 Wh, la base de bord). Avant de partir en décembre, regarde ce que ton panneau solaire produit encore en hiver.
Le poids et la place
Côté masse, le diesel part avec une longueur d'avance :
| Famille | L'appareil | Ce qui vient avec |
|---|---|---|
| Chauffage diesel | moins de 3 kg | son kit : gaines, réservoir, pompe et échappement |
| Chauffage au gaz, Truma VarioHeat | 5,5 kg | une installation de gaz : une bouteille de 11 kg pleine dans son coffre compte 24 kg dans ton bilan, et tu l'embarques peut-être déjà pour cuisiner |
| Climatisation réversible | 24,2 kg | posée sur le toit |
La place compte autant que les kilos, et chaque famille a sa silhouette.
Les chauffages diesel sont couchés : 31 cm de long pour 12 à 14,5 cm de haut. Ils se glissent sous une banquette ou dans un coffre. Ce n'est pas le boîtier qui commande l'implantation, ce sont ses piquages : un manchon d'air à chaque bout, à dégager, et deux buses sous le ventre, admission et échappement, qui traversent le plancher. Le Propex HS2000, un chauffage au gaz couché de 32 x 17,2 x 10 cm, se loge de la même façon.
Le Truma VarioHeat est étroit et haut : 12,3 cm de large, 40 cm de profondeur, 28,4 cm de haut raccord de cheminée compris. Il se pose debout le long d'une paroi. Sa notice de montage demande 6 mm de jeu sur toutes les faces, plus la place des raccords de gaz, de cheminée, d'air chaud et d'air repris. Sa cheminée traverse la paroi du van, et la même notice fixe ses distances :
| Autour de la cheminée | Distance minimale |
|---|---|
| Bouche de remplissage ou évent d'un réservoir de carburant | 500 mm |
| Fenêtre ouvrante ou aération de la cellule | 300 mm |
Si tu la poses sous une fenêtre qui s'ouvre, ou à côté, il te faut un contacteur de fenêtre, qui empêche le chauffage de tourner fenêtre ouverte.
La climatisation réversible se pose sur le toit, 57,7 x 78,6 cm d'emprise, où elle dispute la place au lanterneau et aux panneaux solaires.
Où loger ton chauffage ? Dans un meuble ou dans un coffre, jamais seul au milieu du plancher : une fois que tu l'y as rangé, l'éditeur ne te laisse plus l'en sortir pour le poser par terre. Et laisse-lui de l'air. Un chauffage à air reprend l'air de la cellule pour le souffler réchauffé : enfermé dans une soute close, il n'a plus rien à reprendre. Les plans types de l'éditeur le logent dans un coffre de banquette percé de grilles côté allée, jamais dans le même coffre que du gaz.
Avant le chauffage, l'isolation
Un chauffage ne remplace pas l'isolation : il la compense, en brûlant. Et dans un van bien isolé, ce qui compte la nuit n'est pas la puissance maximale, c'est la puissance la plus basse à laquelle ton appareil tourne en continu :
| Appareil | Puissance la plus basse en continu |
|---|---|
| Autoterm Air 2D | 0,8 kW |
| Webasto Air Top 2000 STC | 0,9 kW |
| Eberspacher Airtronic S2 D2L | 0,9 kW |
| Truma VarioHeat | 1,3 kW |
Un chauffage qui ne sait pas descendre assez bas s'allume et s'éteint sans cesse, toute la nuit.
Ton premier chantier reste donc l'isolation, et tu trouveras ce que l'isolation te coûte en centimètres dans son guide. Sans cloison rigide, un rideau thermique derrière les sièges limite le volume à chauffer à la seule cellule.
Le monoxyde de carbone, le risque qui ne se voit pas
Tout ce qui brûle rejette des gaz de combustion, et une combustion qui se passe mal produit du monoxyde de carbone. Il ne se voit pas, ne se sent pas, et agit pendant le sommeil. Pour dormir tranquille, trois règles.
Un chauffage à combustion est étanche. Il prend son air dehors et rejette ses fumées dehors : par les deux buses sous le plancher pour les chauffages diesel du catalogue, par la cheminée murale pour le VarioHeat. C'est la règle que vérifie la DREAL sur un chauffage additionnel, tirée du règlement ONU n° 122 : l'air de sa chambre de combustion ne doit pas être prélevé dans l'habitacle. Un appareil qui brûle dans la cellule sans conduit d'évacuation, comme un chauffage d'appoint de camping à cartouche, rejette ses fumées là où tu dors : il n'a rien à faire dans un van fermé.
L'échappement sort loin des ouvertures. Une sortie de fumées sous une fenêtre ouvrante ou près d'une aération renvoie dans la cellule ce qu'elle rejette. Les distances sont celles de la notice de pose de ton appareil : suis-les à la lettre.
Un détecteur de monoxyde veille près du couchage. L'éditeur te le réclame dans tous les cas, dans la liste des obligations de l'étape Gaz, que ton chauffage brûle du gaz ou du gazole. Tu trouveras où poser ton détecteur et comment le choisir dans le guide du gaz.
Reste la pose. Un chauffage à combustion traverse le plancher ou la paroi, se raccorde au carburant ou au gaz, et rejette des fumées brûlantes : fais-la faire, ou au moins contrôler, par un professionnel.
Si tu vises l'homologation VASP, le dossier que publient les DREAL traite un chauffage additionnel comme un dispositif homologué. L'installateur y joint :
- la preuve que l'appareil est homologué selon les règlements ONU n° 122, pour le chauffage, et n° 10, pour la compatibilité électromagnétique, avec sa fiche d'homologation ;
- une photo de son marquage ;
- un compte rendu d'installation qui reprend le règlement point par point.
Un chauffage au gaz fait en plus partie de l'installation de gaz, et se contrôle avec elle : le même dossier demande un certificat de conformité aux normes EN 1949 et EN 721, établi par un organisme agréé quand l'aménagement n'est pas l'œuvre d'un professionnel.
L'électrique : un chauffage de camping, pas d'autonomie
Le chauffage électrique n'a ni flamme, ni fumée, ni monoxyde. Sa limite est ailleurs : l'énergie. Le seul appareil du catalogue qui chauffe à l'électricité est la climatisation de toit Truma Aventa compact plus, dont la pompe à chaleur rend 1,5 kW, branchée au 230 V, et seulement quand il fait plus de 4 °C environ dehors, précise Truma. Sur une aire avec prise, en mi-saison, elle te chauffe sans toucher à la bouteille.
En autonomie, le calcul ferme la porte. 1500 W pendant une heure, ce sont 1500 Wh, plus que les 1080 Wh qu'une batterie lithium de 100 Ah te restitue dans ton bilan. Un radiateur électrique sur batterie ne chauffe pas une nuit : il la vide en moins d'une heure.
Diesel, gaz ou électrique : comment trancher
Tout dépend de ta façon de partir :
- Tu dors en autonomie l'hiver : le diesel répond à ta question. Gazole à chaque station, peu d'électricité, moins de 3 kg d'appareil, couché sous une banquette.
- Tu as déjà du gaz pour cuisiner et tu chauffes surtout en mi-saison : le gaz garde un seul combustible à bord. Compte tes bouteilles, l'hiver les vide vite, et compte son ventilateur sur ta batterie.
- Tu dors surtout sur des aires branchées : l'électrique complète un chauffage à combustion, il ne le remplace pas.
Week-ends ou vie à temps plein, c'est aussi une question qui oriente le choix du fourgon : le test « Trouver mon van » te la pose, avec celle des couchages et de ta taille, et te propose les fourgons qui vont avec ton projet.
Tu veux aussi l'eau chaude ? Le combiné chauffage et eau chaude du catalogue fait les deux dans un seul volume, au gaz : tu trouveras le combiné face aux chauffe-eau dans le guide de l'eau. Côté budget, compte entre 300 et 2000 € pour un chauffage au catalogue, pose non comprise, et replace-le dans le budget complet d'un van aménagé.
Ce que Vagabee calcule, et ce qu'il ne sait pas
Dans l'éditeur, ton chauffage entre partout où il pèse sur ton van :
- sa consommation de gaz et les jours que tient ta bouteille, dans l'étape Gaz ;
- l'électricité de son ventilateur dans ton bilan électrique, avec la même durée d'usage, que tu règles sur chaque modèle réel ;
- son poids dans ton bilan de masse ;
- l'obligation d'un détecteur de monoxyde ;
- sa place dans son meuble : tu ne peux pas l'en sortir pour le laisser seul au plancher.

Le reste se joue hors de l'écran, et c'est à toi de le garder en main :
- le besoin de chauffe : ni les pertes de ta caisse, ni la puissance nécessaire, ni la température intérieure ne sont calculées. Fie-toi à ton isolation et à la puissance basse de ton appareil ;
- le gazole : la consommation de carburant d'un chauffage diesel n'entre dans aucun bilan. Compte environ un litre pour quatre heures à pleine puissance ;
- le kit : gaines, réservoir, pompe et échappement ne sont pas pesés, ajoute-les à ton compte ;
- la veille : un chauffage armé consomme un peu même quand il ne chauffe pas (le Propex annonce 0,04 A, environ 12 Wh par jour), et ce n'est pas compté ;
- la cheminée et l'échappement : où sortent les fumées, et à quelle distance des ouvrants, c'est la notice de pose de ton appareil qui le dit ;
- le chauffage gaz générique ne déclare pas de consommation électrique : choisis ton modèle réel pour que son ventilateur entre dans ton bilan.
À toi de jouer : place ton chauffage dans l'agencement, dans le meuble ou le coffre qui l'accueillera, puis regarde sa consommation de gaz dans l'étape Gaz, ou celle de son ventilateur dans l'étape Électricité. Règle ses heures sur ton hiver à toi, pas sur une mi-saison.
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